Monday, February 07, 2005

Introduction

D’année en année depuis 2000, des étudiants en médecine se relaient au Burkina Faso, non pas en vue d’entreprendre un voyage touristique, mais dans le but d’aider une population dont les mœurs et coutumes sont différentes des notres.

Nul n’ignore la difficulté d’accès aux soins dans ces régions, ainsi que la précarité du peu de structures médicales, sans oublier l’absence de protection sociale, qui nous semble chose évidente.

Et cette année, nous voulons continuer ce que nos prédécesseurs ont entrepris : apporter un soutien à ces personnes, car nous sommes convaincus qu’à notre niveau, pour la plupart étudiants en médecine, des actions peuvent être menées.

En effet, nous comptons mettre en œuvre tous les moyens qui seront à notre disposition afin de contribuer au développement du village de Tanlarghin, situé à l’ouest du Burkina Faso.

C’est ainsi que nous avons défini, à partir de la suggestion du comité local de développement, un projet principal qui sera de construire une pharmacie. De plus, nous envisageons d’effectuer des préventions contre les Maladies Sexuellement Transmissibles et particulièrement le SIDA, des préventions d’hygiène, … Nous agirons également dans le domaine de l’éducation (achats de matériels pour l’école du village …).

Nous mettons nos moyens et notre motivation au service d’une population dans le besoin, avec beaucoup d’espoir pour des résultats fructueux.

I Présentation du Burkina Faso et du village

1/ Données provenant de l’UNICEF

Le Burkina Faso est un pays de l'Afrique de l'Ouest dont 56% des habitants ont moins de dix-huit ans et où les femmes représentent plus de la moitié de la population. Avant que le nouveau millénaire ne commence, les taux de mortalité infantile et de mortalité des moins de cinq ans avaient diminué, mais la santé des enfants s'est dégradée à cause du paludisme, des infections respiratoires aiguës, de la diarrhée et de la malnutrition. La pauvreté a encore aggravé la situation des femmes et des enfants. Seulement 50% de la population a accès à de l'eau potable.

2/ Le Burkina Faso en quelques chiffres

Le Burkina Faso est donc un pays en voie de développement qui souffre de divers problèmes : la pauvreté (45% de la population vit avec moins d’un dollar par jour), le chômage, un faible taux d’alphabétisation, des difficultés d’accès à l’eau potable, un taux de morbidité et de mortalité infectieuse élevé (paludisme, SIDA…)

3/ Le village de Tanlarghin

Tanlarghin est un village situé en plein royaume Mossi, au sud-est de Ouagadougou. Le village s’étend sur une distance de plus de 15 Km, dans la brousse, entre les cultures de mil, de sorgho et de maïs.

La société Mossi est une des nombreuses sociétés du Burkina Faso. Les Mossis sont des cultivateurs dont la vie est rythmée par les deux grandes saisons de cette latitude : l’hivernage et sa récolte, et la saison sèche.

Bien que proches de la capitale, les gens du village conservent un attachement aux valeurs traditionnelles, contrastant avec le bouillonnement anarchique des grandes villes africaines modernes.

Le chef coutumier, au sommet de la hiérarchie traditionnelle, témoigne de la cohésion de ces valeurs et son accord est sollicité avant toute action au village.

A Tanlarghin, en plus de la coutume coexistent en harmonie diverses religions : chaque personne peut choisir de devenir, indépendamment de la religion des parents, musulman, catholique ou protestant. Une minorité n’adopte aucune religion et choisit de continuer à pratiquer les rituels traditionnels.

4/ Le comité de développement

Créé en 1980, c’est un organe de groupement villageois. Au Burkina Faso, les groupements villageois sont des organisations de développement rural. Chaque village peut créer son groupement selon les dispositions d’un règlement intérieur qu’il aura établi.

C’est ainsi qu‘il y a des groupements masculins, féminins, mixtes, coopératifs, selon le fonctionnement du groupement et les partenaires nationaux et internationaux (comme celui que nous représentons).

Le groupement d’agriculteurs de Tanlarghin dépend du département de Saaba, dans la province de Kadiogo (cf. annexe « contacts »). Il a reçu un certificat d’agrément du Haut Commissaire à l’administration territoriale de la province concernée. L’essor territorial du groupement respecte les limites territoriales du village.

L’objet du groupement est de réunir tous ceux qui s’intéressent à la promotion du développement, pour travailler à promouvoir la paix et la connaissance des autres en vue d’intérêts réciproques.

C’est ainsi que les paysans améliorent leurs conditions de vie dans plusieurs domaines comme l’équipement, les écoles et les dispensaires, les banques de céréales pour l’autosuffisance alimentaire.

A Tanlarghin, 99% des villageois sont agriculteurs. Le groupement villageois dépend alors moralement du Ministère de l’agriculture, mais pas financièrement. Les groupements sont encadrés par un agent de l’agriculture qui vient de temps en temps travailler avec les membres du groupement. Les étudiants partis en 2001 ont eu la chance de le rencontrer lors de la mise en place de nouvelles semences de maïs pour les villageois. A partir de la conception de projets utiles, le groupement peut demander des aides ou des prêts auprès des banques.

5/ Situation médico-sociale : le dispensaire, la maternité et l’école

Pour les 8000 habitants, Tanlarghin dispose grâce au Comité de développement, d’une école d’Etat, d’un dispensaire, et de six points d’eau dont un est réservé au dispensaire et à la maternité.

Notre projet, dont les principaux objectifs sont de promouvoir la santé et l’éducation, s’appuie sur les infrastructures déjà présentes (dispensaire, école…) et sur celles que nous allons mettre en place (pharmacie) pour améliorer la qualité de vie des habitants de Tanlarghin.

Le dispensaire et la maternité

Au dispensaire travaillent deux infirmiers à temps plein, à la maternité une sage-femme. Ils sont formés et payés par l’Etat.

Budget mensuel de fonctionnement :

10 000 FCFA (soit environ 15€) grâce à la consultation (100 FCFA par patient).

Dépenses mensuelles :

30 000 FCFA pour la maternité

30 000 FCFA pour le dispensaire

Dépenses à la charge du comité de développement :

- Frais de pansements et achat des médicaments

- Salaires du personnel : 1 manœuvre (Boureima)

1 gérante de stock (Joséphine)
1 gardien (Anoté)
1 aide accoucheuse (Bernadette)
1 commissaire aux comptes du groupement (Jean-Baptiste)
2 infirmiers (Emmanuel, chef et Estelle)
1 accoucheuse (Béatrice)

L’école : Ecole primaire publique mixte de Tanlarghin

Dans cette école d’Etat travaillent six instituteurs et un directeur.

Elle dépend de l’Inspection de l’enseignement primaire de Saaba (il s’agit du regroupement pédagogique de 5 villages en un département, sous la direction d’un Préfet et d’une Inspectrice).

Effectifs :

379 élèves (216 garçons et 163 filles)
Répartis en 6 classes du CP1 et CP2 au CM2
Encadrés par sept professeurs diplômés d’Etat.

Disciplines étudiées :

Eveil : Histoire, Géographie, Sciences
Français : grammaire, vocabulaire, conjugaison, orthographe, écriture
Calcul : arithmétique, géométrie, système métrique
Education physique
Récitation, chant, dessin

Horaires : du lundi au vendredi de 7h30 à 17h

7h30 : sport
8h15 – 10h : cours
10h – 10h40 : récréation
10h40 – 12h : cours
12h – 15h : pause (absence de cantine)
15h – 17h : cours

Enseignants :

Ouedrogo Madi : CM1 – Directeur de l’école
Sawadogo Seni : CM2
Lalgo Ema : CE1
Bonhoumgoa Maxime : CE2
Ouedraogo Marcel : CP1
Sawadogo Hamado : CP2

Adresse :

Ecole publique de Tanlarghin
06 BP 9261 Ouagadougou 06
Burkina Faso

Fonctionnement de l’école :

Après le CM2, une fois le certificat d’étude obtenu, les élèves doivent passer un concours d’entrée en 6éme pour intégrer le collège de Saaba (collège privé payant). Au collège, après quatre années d’étude, les élèves passent le BEPC et ont alors la possibilité de devenir instituteur.

Le lycée dure ensuite 3 ans et permet d’obtenir le baccalauréat. Une année avant le baccalauréat, les lycéens ont la possibilité de postuler aux divers concours paramédicaux (infirmiers, sages-femmes…). L’université est choisie en fonction du rang obtenu au baccalauréat. A la faculté de médecine, les études durent 7 ans et une maîtrise s’obtient en quatre ans.

Outre le BEPC, il n’y a pas de formation spécifique pour l’enseignement : la formation et les promotions se font sur le terrain.

II Résumé des actions passées (de 2000 à 2004)

Etudiants à la faculté de médecine Necker-Enfants Malades, les membres fondateurs de l’association UTOnem (UTOpie Necker-Enfants Malades) sont partis au Burkina-Faso en juin 2000 par l’intermédiaire de l’association Saint Ignace Tanlarghin.

De retour en France, cette expérience a conduit à créer l’association étudiante UTOnem pour la promotion des projets étudiants au sein de la faculté. Dans le cadre de cette association, le projet Burkina a vu le jour. Aujourd’hui, les membres fondateurs sont partis mais la motivation des étudiants d’une année sur l’autre a permis de pérenniser cette action et d’aider au développement du village de Tanlarghin.

Cette année, nous serons donc la cinquième équipe à partir. Voici le résumé des actions qui ont pu être menées les années précédentes.

1/ 2000

Cette année, les équipes ont construit une cuisine (15m²) annexée au dispensaire pour les malades de longue durée. Auparavant la cuisine se faisait en plein air (ou ne se faisait pas en cas de pluie). Cela posait évidemment des problèmes d’hygiène qui sont à présents résolus.

Ils ont également apporté des livres pédagogiques, des cahiers et des crayons pour les enfants. Sur place, ils ont acheté des manuels scolaires. En effet, beaucoup de parents n’ont pas les moyens d’acheter ces éléments indispensables à leurs enfants, et c’est leur scolarité qui en pâtit. Ces dons ont permis une scolarité de meilleure qualité pour beaucoup d’élèves.

2/ 2001

Suite à la liste établie par le groupe de 2000, le groupe de 2001 a acheminé du matériel médical et des médicaments (via Pharmaciens Sans Frontières), dont le dispensaire manque cruellement. Ceux-ci ont été distribués ou vendus à faible prix. L’argent a servi à construire des sanitaires et une pompe à eau, ainsi l’hygiène au sein du village n’en est que meilleure. Le comité de développement envoie tous les 3 mois un compte-rendu de la pharmacie et des actions réalisées, permettant de savoir comment sont utilisés les médicaments et l’argent.

Ils ont construit une fosse pour incinérer les déchets du dispensaire, entourée d’un muret de protection. Auparavant, les déchets étaient jetés n’importe où sans attention particulière, ce qui amenait des risques de contaminations du personnel ou des patients au sein du dispensaire. Brûler les déchets permet une bonne décontamination et la présence du muret garantit une meilleure protection en empêchant les gens non habilités (comme les enfants par exemple) de trop s’en approcher.

3/ 2002

De nouveau, du matériel médical et des médicaments ont été apportés au dispensaire, toujours grâce à la liste établie par le groupe de l’année précédente.

Un grand nettoyage du dispensaire a été réalisé avec l’aide des responsables du comité de développement.

Cette année encore, du matériel scolaire collecté en France a été apporté, et des nouveaux manuels ont été achetés sur place. De plus, une bibliothèque a été aménagée et un système de prêt à l’aide de fiches a été mis en route. Le but est de permettre au gens de Tanlarghin d’avoir accès à des livres en langue française, améliorant ainsi leur connaissance de cette langue qui leur sera très utile s’ils veulent prolonger leurs études.

Des spectacles (contes, chansons) en français ont eu lieu, afin d’aider les enfants à mieux se familiariser avec cette langue.

Un jumelage avec une classe de Charente Maritime a été instauré, afin que les enfants français puissent échanger avec les enfants de Tanlarghin. Cette action comporte un double intérêt : pour les enfants de Tanlarghin, c’est un autre moyen d’avoir accès à la langue française et à notre culture. Pour les élèves français, cela leur permet de découvrir un autre mode de vie et d’attirer leur attention sur la situation précaire d’autres enfants.

Les étudiants du groupe de 2002 ont rencontré l’association ASMADE, une organisation locale qui œuvre pour que toute personne puisse vivre en bonne santé dans un cadre et un environnement sains. Cette association les a aidés dans les actions de prévention qui ont porté sur le péril fécal, les soins de maternité, la nutrition du nouveau-né et l’hygiène de l’eau.

L’équipe s’est rendue au CICdoc (Centre d’Information, de Conseil et de documentation) sur le SIDA pour mettre en place une prévention durable dans le village. Cette maladie est un véritable fléau dans ce pays, et l’utilisation des préservatifs n’est pas encore entrée dans les mœurs. Ces préventions permettent à la population de bien comprendre les modes de transmission du VIH et donc de mieux s’en protéger.

4/ 2003

Tous les matins, des actions de préventions sur le SIDA ont été menées (certains avaient suivi une formation à ce sujet en France au CRIPS). Des cours sur le cycle menstruel ont été donnés, à la demande des femmes et filles du village. Celles-ci ont en effet très peu de connaissances à ce sujet, et ce manque d’informations peut entraîner des conduites à risques (« calculs » pour connaître les périodes où elles ne risquent pas de tomber enceinte, qui est une très mauvaise méthode de contraception.).

Comme l’année précédente, des actions de préventions sur l’hygiène et l’eau ont été menées avec l’aide d’ASMADE.

Un grand désherbage a été entrepris autour du dispensaire afin d’avoir un terrain plus propre et d’éloigner les animaux (des poules se promenaient auparavant auprès du dispensaire, ce qui entraînait un risque de contamination, ces animaux transportant beaucoup de maladies).

Encore une fois des médicaments et du matériel médical ont été acheminés.

Un inventaire du dispensaire a été fait afin d’établir pour la prochaine équipe la liste du matériel et des médicaments nécessaires.

Enfin, pour perpétuer le jumelage, des dessins et des cassettes de chansons enregistrées par les enfants ont été récoltés pour les rapporter en France.

5/ 2004

Cette année encore, du matériel scolaire et des livres pour la bibliothèque, collectés dans des écoles françaises ou achetés, ont été acheminés, ainsi que du matériel médical et des médicaments.

Des séances de prévention ont eu lieu, se rapportant aux règles d’hygiène, aux maladies sexuellement transmissibles, à la contraception, à la mortalité infantile et au cycle menstruel.

De plus, un abattoir a été construit, toujours dans une optique d’amélioration de l’hygiène. Les animaux sont ainsi abattus dans un cadre bien défini et non pas dans des endroits où des enfants seraient susceptibles de venir jouer, s’exposant ainsi au sang et donc à des risques de maladies. Et cet abattoir permet de la sorte une meilleure conservation des pièces de viandes, améliorant l’alimentation du village et remontant ainsi son niveau de santé.

III PROJET 2005

1/ Présentation générale

Motivée à l’idée d’une continuité des projets précédents, notre équipe se compose de douze étudiants dont dix en deuxième année de médecine, un en troisième année et un en BTS. Notre projet se déroulera en deux périodes d’un mois (juillet et août 2005), chacune avec à chaque fois six étudiants.

Etant pour la plupart en médecine, nous sommes enthousiastes à l’idée de pouvoir aider un village à avoir accès aux médicaments. C’est pourquoi nous avons l’intention de mettre en place une pharmacie annexée au dispensaire. En effet, il semblerait qu’il y ait eu des problèmes de distribution les années précédentes, et certaines personnes n’ont pu y avoir accès. Nous espérons donc pallier à ce problème d’organisation par la mise en place de ce bâtiment.

D’autre part, il nous semble incontestable que sans une bonne hygiène, sans la compréhension des mécanismes élémentaires du corps humain, tout apport de médicaments ou de matériel médical n’aura pas véritablement d’effets bénéfiques. En effet, notre but est également d’agir au cœur du problème car c’est en éduquant les burkinabés, sans pour autant stigmatiser leur mode de vie, que la survenue des maladies dues à la mauvaise hygiène ou bien aux prises de risques comme pour le SIDA se verra considérablement diminuée. Nous mènerons alors des actions de prévention et d’information.

De plus, nous avons également le souhait de soutenir l’accès à l’éducation d’une manière beaucoup plus simple grâce à l’achat de matériel scolaire, à la création d’une bibliothèque et également au jumelage de l’école de Tanlarghin à une école française.

Ainsi, ferons-nous tout notre possible afin que notre passage soit synonyme d’entraide et surtout de solidarité.

2/ Santé

Le but général de toutes les actions de prévention que nous allons entreprendre est de permettre aux gens de mieux vivre.

Pour cela nous les informerons sur différents sujets délicats, pour qu'ils prennent conscience des risques des maladies qui se propagent à grande vitesse dans leurs régions. Le but n'est pas de leur faire un cours théorique mais de leur expliquer comment toutes les maladies se transmettent pour qu'ils puissent les éviter en intégrant dans leur mode de vie des gestes simples qui empêchent de nombreuses contaminations. Pour ce faire, nous utiliserons des affiches très imagées pour nous mettre à portée de tous, nous mettrons aussi en scène un spectacle avec les enfants, les intéressant de plus près à nos actions. De plus, un interprète sera là pour faciliter la communication lors des actions de préventions journalières qui se dérouleront dans le village de Tanlarghin et dans les villages alentours n'ayant pas encore bénéficié de telles démarches.

Pour marquer nos actions dans la durée, nous contacterons aussi les jeunes burkinabés qui sont partis faire des études médicales dans les grandes villes de sorte qu'ils puissent faire perdurer nos actions au cours des années à venir (dans le but qu'ils deviennent de plus en plus indépendants).

a) La pharmacie

Ce projet dont les habitants ont déjà fait la demande les années passées consiste à construire à côté du dispensaire un local pour stocker les médicaments, permettant à l'infirmier de mieux gérer le stock de ceux apportés chaque année. Lequel infirmier devra continuer à tenir un cahier sur le devenir des médicaments. Ainsi, ils y seront plus en sécurité et entre des mains qui les utiliseront à bon escient, permettant de les répartir aux personnes en ayant le plus besoin sans tenir compte de leurs ressources personnelles ; les bénéfices obtenus permettront d'acheter
à nouveau des médicaments. De notre côté, nous apporterons de nombreux médicaments
nécessaires (les responsables du dispensaire nous ayant envoyé une liste des besoins).

De plus, ce local permettrait à l'infirmier de dormir sur place, car le plus souvent il rentre à Ouagadougou, la capitale, pour la nuit ce qui pose de nombreux problèmes lors de situations nocturnes d'urgence. Il sera donc très bénéfique pour tous les habitants de construire cette pharmacie qui permettra une meilleure utilisation des médicaments pour l'ensemble de la population leur évitant, ou d'aller dans les grandes villes pour s'approvisionner, ou pire de ne pas se soigner et continuer à vivre dans des situations très précaires, avec des maladies
lourdes de conséquences.

b) Le SIDA, autres MST et contraception

La prévention contre le SIDA consistera à expliquer à la population les modes de contamination par le SIDA (en abordant principalement les rapports sexuels non protégés et le contact d'une plaie ouverte avec du sang contaminé), et la manière d’éviter toute contamination (prudence avec une personne qui saigne, usage du préservatif à banaliser : celui-ci n’étant pas encore intégré dans les moeurs, on essayera de les familiariser avec ces objets que nous apporterons en grande quantité ; qui de plus permettent aux femmes de ne pas tomber enceintes quand elles ne le désirent pas, ce qui arrive encore fréquemment).

On orientera la prévention avec les femmes en leur expliquant leur cycle menstruel (qu'elles sont nombreuses à méconnaître), les moyens de contraception auxquels elles ont accès, en leur présentant également le préservatif féminin. Elles semblent en effet les plus aptes à pouvoir faire passer le message aux hommes de leur village sur l'importance de se protéger.

Dans ce but, deux personnes de chaque groupe suivront une formation au CRIPS (cf. annexes) sur le SIDA, et sur le continent africain (les différences avec chez nous, comment sont perçues les choses, etc.), ce qui permettra de mieux s'adapter à la demande et de respecter les croyances, c’est à dire de faire de la prévention sans offenser les habitants du Burkina qui y assisteront.

c) Campagnes de prévention sur l'hygiène

Cette campagne a pour but d'améliorer les conditions de vie en intégrant des gestes simples dans la vie de tous les jours.

Par exemple, nous allons fournir des brosses à dents et des savonnettes qui seront distribuées à tous les enfants de Tanlarghin, pour pouvoir leur apprendre à les utiliser, les habituer à se laver les mains plus souvent etc. Ces actions ont pour but principal de diminuer le péril fécal et la mauvaise hygiène trop présente qui facilitent la propagation des maladies.

d) Le paludisme

Nous souhaitons apporter un microscope au dispensaire. Il permettrait à l'infirmier de faire des tests simples pour diagnostiquer les personnes atteintes de cette maladie quand elles présentent certains symptômes (fièvre, confusion, céphalées, malaise général, douleur musculaire, vomissement, diarrhée, toux, sueur froide, tremblements…); ce qui permettrait à chaque fois de connaître l'espèce responsable de la maladie : il y a en effet quatre agents pathogènes (Plasmodium Falciparum, Plasmodium Vivax, Plasmodium Ovale, Plasmodium Malariae) qui nécessitent des traitements différents.

Cette maladie mortelle est due à un parasite qui infecte principalement le foie et le sang, il est important de la soigner en utilisant des antipaludiques adaptés tout en faisant attention aux effets secondaires.

Dans l’optique de cette prévention nous allons déjà informer l'infirmier
présent sur place et mettre une stratégie thérapeutique face au paludisme (tests puis traitement en fonction de l'espèce) ainsi que de prévenir les habitants du risque apporté par les moustiques, qui sont les vecteurs de la maladie, et qu'il faut donc éviter leur contact et pour cela détruire les zones d'eaux stagnantes à proximité du village.

3/ Education

L’éducation est une des missions prioritaires sur place. Elle est par ailleurs la plus délaissée et négligée.

D’après ce constat, il est important, chaque année, de remettre en place l’éducation comme priorité à long terme. Notre action consiste, à notre échelle, à aider les enfants scolarisés, et à favoriser la scolarisation du maximum d’enfants sans perdre de vue la manne financière qu’ils représentent pour leurs familles.

Les actions que nous entreprendrons sont de trois sortes.

Tout abord notre équipe apportera des fournitures scolaires de base : cahiers, stylos, feutres, règles et autres éléments qui, par l’investissement important qu’ils représentent pour les familles, constituent souvent un frein à la scolarisation.

Ensuite, il existe sur place une bibliothèque rudimentaire, mise en place les années précédentes par notre association, qu’il faut approvisionner avec un maximum de livres afin de permettre l’accès à la culture de toute la population qui s’intéresse à la lecture. Le stock de livres arrivera à la bibliothèque soit de France en export grâce à Aviation Sans Frontières, ou alors par achat sur place afin de faciliter le transport.

Enfin nous allons reprendre le jumelage de l’école avec l’école française qui, à cause de la rotation annuelle des enseignants, n’a pu fonctionner correctement. Cela va permettre d’améliorer la connaissance des élèves français sur les conditions de vie de leurs homologues africains et de permettre d’aider l’école africaine et de promouvoir l’apprentissage du français.

IV Retour et suivi du projet

1/ Les retombées du projet de 2004

Année après année, le partage de l’expérience de ceux qui ont organisé des projets de ce type avant nous permet d’améliorer la qualité de nos interventions, notamment par une meilleure prise en compte du mode de vie local. Ainsi, leur pertinence et leur impact sont renforcés, ce qui augmente leur bénéfice, à la fois pour les habitants de Tanlarghin qui reçoivent une information et une aide plus adaptées à leurs besoins, et pour nous qui revenons encore plus enrichis par ces échanges.

Une exposition photo a été organisée dans la faculté de Médecine René Descartes (du 15 au 19 Novembre 2004), à l’occasion de la semaine de la Solidarité Internationale. Elle retraçait les différents évènements du voyage pour faire partager aux étudiants l’expérience vécue et pour les sensibiliser aux problèmes des pays en voie de développement.

Elle permettait également de mieux faire connaître les partenaires financiers et sponsors, et ainsi de les remercier de leur soutien.

Un bilan de la mission a été diffusé aux étudiants pour les informer et les inciter à s’engager dans de telles initiatives.

2/ La continuité de notre action

Après notre retour en France, nous envisageons de poursuivre le maintien du lien avec Tanlarghin, notamment par échange de courrier, afin d’être informés de l’évolution des structures que nous aurons aidées à mettre en place (pharmacie principalement) et de leur impact sur la vie au village.

Notre projet ne se limite pas à notre action sur place. Nous désirons l’inscrire dans le long terme et le faire partager aux autres étudiants de la Faculté. Nous pensons que ce genre d’initiative a aussi une vertu essentielle en offrant une formation humaine indispensable pour de futurs praticiens ouverts sur les problèmes de santé publique dans le monde.

Il sera mis en place des échanges avec les autres étudiants de la Faculté René Descartes, sous forme d’exposition de photos et de débats. Ainsi, souhaitons-nous leur présenter la concrétisation de ce projet et la culture burkinabée, dans le but de susciter leur intérêt pour une telle démarche et de passer le relais à d’autres étudiants motivés.

Par ailleurs, un bilan de notre action sur place sera envoyé aux entreprises et aux organismes ayant participé au financement, ainsi qu’aux écoles participant au jumelage. Il sera aussi possible d’y organiser des rencontres et des présentations de nos réalisations.

Afin d’avoir un impact plus grand et un accès plus facile pour tous ceux qui seraient intéressés, nous avons également créé un weblog consacré à notre projet (http://burkinafasolidarite.blogspot.com/), où l’on peut également retrouver ce dossier.

V Budget

VI Annexes

1/ Contacts

SOLEM

SOLidarité des Etudiants En Médecine, association loi 1901 d’étudiants de la Faculté de Médecine René Descartes, issue de la fusion de plusieurs Facultés de Médecine dont Necker-Enfants Malades. UTOnem, ainsi que les associations à vocation humanitaire des autres Facultés, se sont également regroupées pour donner SOLEM.

Email : solem_assoc@hotmail.com

ASMADE

Association Sagui Manégré Aide au Développement Endogène

Ouagadougou secteur 28 09BP903 OUAGADOUGOU 09

Tel/Fax (226) 37 31 12

Email : asmade@fasonet.bf

Il s’agit d’une association à but non lucratif, qui œuvre pour que toute personne puisse vivre en bonne santé dans des conditions de vie saines.

Ses objectifs sont :

-aider les organisations de base à traduire leurs initiatives en projets concrets et réalisables.

-appuyer les enfants des écoles pour la promotion de la santé et de l’hygiène dans les écoles et les ménages.

-rechercher des solutions durables pour l’assainissement du cadre de vie des écoles et des ménages.

-soutenir les enfants pour des échanges et correspondances sud-sud et nord-sud.

CRIPS

Centre Régional d’Information et de Prévention Santé

33 rue du Maine (Tour Montparnasse) 75014 Paris

Tel : 01 56 80 33 22

Email : dgalin@crips.asso.fr

CHMP

Centrale Humanitaire Médico pharmaceutique

41 voie des Gravanches36100 Clermont Ferrand

Tel : 04 73 98 24 81

Fax : 04 73 98 24 80

Ilbondo Hamidou

S/c Compaoré Rasmaré08

BP113 23 Ouagadougou 08

Grand Marché BURKINA FASO

C’est notre contact principal sur place. Hamidou Ilbondo s’occupe du comité de développement de Tanlarghin.

NM Médical

Rue du Chemin vert,

Centre de gros N°2

BP 10959811 Lesquin Cedex

Tel : 08 03 819 819 / Fax : 0803 821 821ASF

Aviation Sans Frontières

Tel : 0149757437 / Fax : 0149757433

Espoir Tanlarghin

Association humanitaire regroupant des infirmières et un médecin, travaillant en collaboration avec le dispensaire et la maternité de Tanlarghin.

Email : espoirtanlarghin@caramail.com

Tel : 01 48 20 76 07

2/ L’équipe 2005

3/ Carte géographique du Burkina Faso

4/ Devis pharmacie